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Adjokê est un mot nago qui signifie quelque chose de précieuse qu'on doit en prendre so
 
KOMBERT QUENUM À PROPOS DE LA TOURNÉES DANS LES 11 ÉTABLISSEMENTS PÉNITENTIAIRES DU BÉNIN
10/09/2019 Henri MORGAN
 
ART-PLUS
"Nous avons vécu des moments de fortes et vives émotions"
Les pensionnaires des 11 établissements pénitentiaires du Bénin ont vécu un instant de bonheur. Ces moments de fortes et vives émotions, ils le doivent à l'Agence Pénitentiaire du Bénin qui en partenariat avec l'association Okpara Culture, offre à ces derniers une fête d'indépendance inoubliable. À l'issue de cette tournée artistique, Kombert Quenum fait le point des moments forts de cette aventure démarrée le mardi 13 Août 2019 et qui a pris fin au début du mois de septembre. Interview
Vous venez de boucler la tournée des 11 établissements pénitentiaire du Bénin.  Que peut-on retenir de cette aventure?

Ce qui a été très intéressant pour nous, c’est qu’on a pu expérimenter un programme qu’on a conçu avec l'Agence Pénitentiaire du Bénin.  Ce programme, je l’ai vécu un peu lors d’une activité en prison en Europe. Il est vrai que je n’ai pas répété le programme de manière directe mais j’ai essayé de l'adapter à notre contexte ici. Ainsi, au lieu de présenter un spectacle aux détenus, moi-même j’ai dû prendre l’étoffe d’impresario pour savoir comment conduire le programme du début jusqu’à la fin.

Comment est-ce que ce programme est mis en oeuvre pour impacter votre cible?

D’abord pour une première partie, il y a une prise en charge psychologique des détenues qu'il convient d'appeler désormais "pensionnaires des établissements pénitentiaires". Il s'agit de leur montrer quelque chose de ce qui est à l’extérieur parce qu’il ne faut pas les renforcer dans une situation de confortabilité en prison. Aujourd’hui en Europe, les prisons sont tellement rassurantes que les gens s’inquiètent du fait que certains détenus ne s’y plaisent. En Europe, ce ne sont pas les institutions pénitentiaires qui constituent le problème pour les prisonniers mais plutôt les prisonniers eux mêmes parce qu’à l’intérieur de la prison, il y a des groupes qui se forment à l’image des gangs de l’extérieur et c’est par rapport à ces groupes que la prison est devenue dangereuse. Sinon, les gens ont tellement respecté des droits de l’Homme que, les détenus vivent confortablement en Europe. Ils mettent des programmes en place pour faire comprendre aux gens que la vraie vie est dehors. On vient vous montrer ce qui est dehors pour que vous ayez envie de rejoindre dehors. C’est donc le même principe que nous avons installé dans le programme mis en place. On enclenche une discussion avec eux dans le but de leur faire comprendre que tout le monde peut être à leur place et qu’il y a plusieurs catégories de personnes. Il y en a qui sont en prison juste parce qu’à un moment donné, ils n’ont pas pu cultiver la patience, il y en a d’autres qui sont des innocents mais la situation voudrait que ce soit eux. Il y en a encore qui sont en prison juste parce qu’ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Donc par rapport à toutes ces catégories, on leur fait comprendre que ce qu’ils vivent actuellement n’est qu’une parenthèse de la vie et qu’une fois qu’ils auront purgé leur peine, il y a beaucoup d’autres choses qui les attendent dehors. Donc, dans toutes les prisons, c'est le slogan « rendez-vous au dehors » que nous avons institué dans les dialogues comme leitmotiv. À chaque fois que nous prenons la parole et à chaque fois que le système a fonctionné, on leur ramène quelque du dehors qui leur permet de rejoindre la réalité de la vie de dehors. 

En dehors de la prise en charge psychologique, quelle est la quintessence du concept "rendez-vous au dehors" ?

Le programme consiste à enclencher une discussion avec eux et leur expliquer ce pourquoi on est là, le but de notre visite et qui nous a envoyé. Car on n’est pas là que pour présenter un spectacle mais pour discuter, s’amuser. Et comme il faut deux personnes pour s’amuser, eux ils deviennent nos protagonistes. Mais en plus de ça, nous leur racontons comment on s’amuse dehors surtout qu’il y en a parmi eux qui n’ont plus de contact avec l’extérieur et qui croient que la réalité c’est la prison. On leur apporte la réalité du dehors qu’ils doivent rejoindre bientôt, et c’est en cela que nous avions institué le slogan "rendez-vous au dehors". On va peut-être revenir mais quand on reviendra, il n’y aura plus les mêmes personnes dans la prison parce que ceux qui sont là aujourd’hui, on leur donne rendez-vous dehors. Donc c’est dans ce principe psychologique qu’on démarre le spectacle. On a proposé plusieurs niveaux de compétences artistiques et on invite la chanteuse Faty qui vient ouvrir la séance d’animation. On a également invité un conteur avec qui on a étudié de petites histoires qui s'adaptent au milieu et qui raconte trois histoires par jour. Il s'agit de Brado qui est de l’écurie de Patrice Toton et un jeune artiste du cirque qui est venu faire de la jonglerie. Et justement, ce programme a tellement bien fonctionné que cela a intéressé la plupart des jeunes et adolescents qui sont dans les prisons qu’on a eu à visiter. Dans chaque localité, on a invité un artiste en herbe qui nous rejoint dans l’animation pour garder la couleur de la localité.

Comment est-ce les pensionnaires de ces établissements pénitentiaires ont accueilli ce programme artistique ?

Après tout le passage des artistes, on leur ouvre la scène pendant 1h de temps, qui pour chanter, qui pour raconter des histoires qui pour s'essayer à la jonglerie. À Savalou et à Abomey, on nous a informé qu'il y a des musiciens. On a décidé de ne pas prendre un artiste de ces localités mais de les recruter sur le projet en tant que musiciens. Ils ont animé avec nous et nous leur avons payé convenablement le cachet qui était prévu. Ça leur a fait vraiment plaisir. Mais on dépassait à chaque fois l’heure prévue pour l’animation parce que ces pensionnaires voulaient tous montrer leur savoir-faire, ils avaient envie de s’exploser, ce qui était extraordinaire. Là où l’émotion était assez vive, c’était à la prison de Missrété qui est une prison internationale de la CPI où il y a toutes les nationalités. On a découvert un Congolais qui est musicien et qui a chanté sa vie. Il y a eu de très grands moments d’émotion. Il en est de même pour la prison de Kandi où nous avons fait la connaissance d’un jeune homme et de sa mère en prison. L'enfant fait du rap et dans une chanson improvisée, il disait à sa mère que plus jamais dans sa vie, il ne causera du tord à quelqu'un. C'est des moments émotionellement très fort qu’on ne pouvait s’empêcher de couler les larmes, c’est pas possible, ce sont des émotions très fortes. Au-delà du fait que nous leur avons apporté quelque chose de plus, on a beaucoup reçu aussi d'eux. Tous les artistes ont été unanimes là-dessus. Cette tournée a apporté quelque chose à chacun de nous, rien que dans nos réactions.  Si on rencontre quelqu’un et qu’on te dit que cette personne a fait la prison, tous ceux qui ont participé à cette tournée auront tout un autre comportement avec ces derniers. Car ils ont vu les conditions dans lesquelles ils étaient, ils ont vu que c’était juste une parenthèse dans leur vie et qu’il ne faut pas les regarder d’un autre œil. Et après cette parenthèse qu’on ferme avec assez de difficulté parce qu’il y a tellement de gens qui veulent s’exprimer que sportivement, on trouve la manière de clôturer. Ensuite les artistes reviennent chanter et clore la fête avec Faty. À Abomey, la joie était si intense que prisonniers et régisseurs dansaient ensemble, tout le monde sans exception. C'est dommage qu'on ne peut pas montrer les images. Parce qu'en réalité, les régisseurs et gardiens des établissements pénitentiaires sont comme des pensionnaires. Ils avaient besoin aussi de s'exploser.

Alors pourra-t-on conclure que l'objectif de cette tournée  est atteint ?

On retient donc que le programme d’adaptation qu’on a eu à faire a très bien fonctionné. C'est vrai qu’on ne l’a pas créé mais on l’a adapté de sorte à répondre aux objectifs du projet de l’Agence Pénitentiaire du Bénin "APB". L’objectif principal c’est de passer une belle fête de l’indépendance avec nos frères qui sont des pensionnaires dans les établissements pénitentiaires. J'ai déjà fait une tournée dans quelques prisons et garnisons, il y a environ 8ans et ce n’est pas du tout la même chose. Il y a un changement. Pour la première tournée, j’étais allé avec un spectacle qui parlait un peu d’une situation en prison mais l’émotion n’était pas aussi intense. Le concept est complètement différent. On s’est rendu compte que c’est vraiment un besoin qui est là. À Parakou, la directrice Bénédicte Tchokpon Ouorou, des études, de la réinsertion et des relations avec les autorités judiciaires au sein de l’APB a apprécié la densité du programme exécuté. Elle a compris qu’il faut vraiment de temps en temps ces genres d’activités et nous au sein de l'association Okpara Culture travaillons en symbiose avec l'APB, pour concrétiser ces perspectives. Nous avons déjà commencé par réfléchir ensemble pour voir comment on peut aller au-delà pour pouvoir les aider rêver un peu mieux et à finir leur peine dans de bonne condition pour se retrouver en équilibre dehors. Parce que le problème fondamental, c’est qu’on n’est pas sûr que quelqu’un qui va en prison ressorte comme il est rentré. On aimerait bien pour des cas qui ne ressortent pas comme ils rentrent. Pour le cas des criminels d’un certain niveau, il faut qu’ils soient plus équilibrés pour ne plus être dangereux pour la société mais il y a beaucoup d’innocents qui deviennent des criminels après leur séjour en prison.  Il faut concevoir des programmes qui puissent éviter ces formes de changement, des gens bien en gens moins bien pour la société.
 
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