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PROJET DE CONSTRUCTION DU THÉÂTRE NATIONAL DU BÉNIN
22/10/2015 Henri MORGAN
 
enquete
Le site de cinq hectares de Togbin Daho et la maquette provisoire du Théâtre National du Bénin
Un ping-pong spectaculaire


Le rêve des acteurs culturels du Bénin d’avoir un Théâtre National, semble se concrétiser avec la volonté manifeste du Président de la République, Thomas Boni Yayi, qui visiblement, tient à leur offrir ce joyau avant de quitter le pouvoir. Mais, à l’analyse d’un certain nombre de paramètres, on est en droit de s’interroger sur l’opportunité de ce projet aujourd’hui caractérisé par la précipitation et l’illusion.


Des acteurs culturels du Bénin semblent tomber aujourd’hui dans le piège de l’adage ‘’un tiens vaut mieux que deux tu l'auras’’ en ce qui concerne la construction du Théâtre National. En effet, entre un Grand Théâtre National de grand standing et bâti sur un site spacieux, les acteurs culturels, du moins, leurs porte-voix semblent donner leur caution pour l’érection d’un Théâtre National encore appelé ‘’Maison de la Culture’’ dans une agglomération où sont déjà érigés le Hall des Arts, le Palais des Congrès et bien d’autres infrastructures. Or, de sources concordantes, ce projet avait bénéficié pendant plusieurs années de financement pour les études de faisabilité. En effet, sous la présidence effective du Chef de l’Etat Boni Yayi, le Conseil des Ministres du mardi 08 octobre 2013, a prévu ‘’la construction du Théâtre National pour offrir des espaces de promotion et de renforcement de capacités aux artistes’’ dès l’année 2014. Dans une interview accordée à l’époque au quotidien « Nouvelle Expression », l’ancien ministre de la culture, Jean Michel Abimbola confiait : « dès 2014, les travaux vont démarrer. Nous avons déjà fait une étude de faisabilité et lancé les concours architecturaux. L’année prochaine (2014, ndlr), vous verrez émerger les premières fondations du Grand Théâtre du Bénin ». Mais jusque-là, aucune fondation n’émerge si ce n’est la pose de 1ère pierre faite par le chef de l’Etat le lundi 07 septembre 2015.

Incohérences des prises de décisions et les incidences financières engendrées

Le temps, c’est de l’argent, dit-on. Cette assertion, les autorités béninoises ne l’ont pas encore bien intégrée dans la gestion de la chose publique. Et pour preuve, le site où sont érigées actuellement les deux tours administratives était entièrement réservé, sur la base des recommandations des études de faisabilité, pour abriter le Théâtre National. Ce qui a engendré un autre investissement pour d’autres études qui ont permis d’identifier le site de Togbin-Daho qui sera dans l’emprise du programme de développement touristique de la route des pêches. Il est même recommandé dans le compte rendu du Conseil des ministres du 02 Octobre 2014, ‘’le dégagement des emprises le long de la route des pêches et du site devant abriter le Grand Théâtre National’’ au point 14 du ‘’Secteur Infrastructures productives autres que l’énergie’’. Subitement, au retour de sa visite en Guinée Equatoriale le jeudi 27 août 2015, où le président Boni Yayi a insisté auprès de son homologue, sur la question du financement de la construction du Théâtre National, il s’est rendu en personne sur le site de Togbin-Daho et a déclaré que l’édifice culturel sera construit à Cotonou, à coté des tours jumelles. Et pour n’obtenir qu’environ un hectare contre cinq hectares prévus sur le site de Togbin Daho, le chef de l’Etat a donné des instructions pour que le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche soit entièrement rasé. Mais, cette décision du président Boni Yayi, même applaudie par des acteurs culturels n’est pas sans incidence financière pour le contribuable béninois.

La pose de 1ère pierre, la charrue devant les bœufs

« Dans l’orthodoxie de la construction d’une infrastructure, la pose de 1ère pierre consacre le démarrage des travaux. Cela dit, les études de faisabilité sont terminées et le financement du projet est bouclé ». C’est la synthèse qu’on peut faire des éclaircissements donnés par la plupart des techniciens du BTP sur les grandes étapes qui précèdent la construction d’une infrastructure. Dans le contexte du Théâtre National du Bénin, la pose de la 1ère pierre a été faite le lundi 07 septembre 2015 sans qu’on ait les précisions ni sur le budget, ni sur le maitre d’ouvrage, ni sur le délai de livraison de cet édifice culturel. C’est lors de la 1ère rencontre des acteurs culturels avec le Chef de l’Etat, le mercredi 23 septembre 2015 qu’il a été question d’un budget de 3 milliards de F CFA. Juste après, le Président Boni Yayi a diligenté une mission au Sénégal pour s'inspirer de leur Grand Théâtre National. Inauguré le 15 avril 2011 à Dakar, ce joyau d’un coût global d’environ 16 Milliards de F CFA, est bâti sur une superficie de trois hectares et érigé sur six étages avec la capacité d’accueillir au moins 1800 spectateurs. La seconde rencontre qui s’est déroulée le lundi 12 octobre 2015 avec le chef de l’Etat, a donné une nouvelle tournure à ce projet de construction du Théâtre National. Non seulement le budget passe de 3 à 6 milliards de F CFA mais également le doute s’installe sur l’exploitation effective du site sur lequel Boni Yayi a fait la pose de 1ère pierre à cause de la superficie trop petite pour cet édifice culturel.

Flou autour de la gestion du Milliard inscrit au budget de 2014

Le vendredi 07 Août 2015 (un mois, jour pour jour avant la pose de 1ère pierre le lundi 07 septembre 2015), le quotidien ‘’Le Matin’’ a adressé une lettre à Alexis Odoun-Ifa, Directeur de la Programmation et de la Prospective, pour faire la lumière sur la gestion qui a été faite du milliard inscrit au budget de 2014 pour la construction du Théâtre National du Bénin. En effet, contrairement à ce qu’avait dit l’ancien ministre de la culture, Jean Michel Abimbola, le démarrage des travaux de construction du Théâtre National n’est pas à ce jour une réalité. Mais quelle est la gestion qui a été faite du milliard qui était inscrit au budget de 2014 étant donné qu’un budget est annuel ? La seule autorité qui pouvait apporter des clarifications sur ce sujet est le coordonnateur du projet au Ministère de la Culture, Alexis Odoun-Ifa. Mais jusqu’à ce jour, malgré les multiples démarches (courrier, appels messages), il n’a pas cru devoir clarifier la gestion du milliard inscrit au budget de 2014 pour la construction du Théâtre National. Alors que la rédaction du quotidien ‘’Le Matin’’ attendait la réponse du directeur Alexis Odoun-Ifa, c’est le Chef de l’Etat qui se rend le jeudi 27 Août 2015 à Togbin-Daho sur l’ancien site du Théâtre National qui devrait être dans l’emprise du programme de développement touristique de la route des pêches. C’est alors qu’il décida que le Théâtre National soit construit à Cotonou et a procédé, le lundi 07 Septembre à la pose de 1ère pierre à coté des tours jumelles. Relancé à maintes reprises, le DPP Alexis Odoun-Ifa évoque pour principale raison, la tournure qu’à prise le dossier et justifie ainsi le fait qu’il n’est plus opportun de répondre au courrier à lui envoyé depuis le vendredi 07 Août 2015.

Quelques pistes auscultées

Ce qu’on retient de ce qui a été fait dans le cadre de la construction du Théâtre National, c’est le focus qui s’est tenu le dimanche 14 décembre 2014 à l’espace Mayton du promoteur Tony Yambodé. Il s’agit d’une initiative du Cabinet BCI Consults dont Elie Ogounigni est le chef de mission du projet de l’étude de faisabilité de la construction du théâtre national. Approché le mardi 06 Octobre 2015 face à la réponse du DPP Alexis Odoun-Afi, qui se faisait trop désirer, Elie Ogounigni confie : « L’AGETIP a lancé un avis de manifestation d’intérêt pour l’actualisation des études de faisabilité pour la construction du Théâtre National du Bénin. Notre cabinet BCI Consults a participé et a gagné l’offre. C’est dans ce cadre que nous avons organisé le focus du dimanche 14 décembre 2014 à l’espace Mayton ». Au sujet des précisions sur le coût et les recommandations des ces études (que le Cabinet BCI Consults n’a toujours pas fini), Elie Ogounigni dit qu’il n’est pas habilité à fournir ses informations. « Si vous avez besoin de ces informations, il faut vous rapprocher du ministère de la culture ou de l’Agétip. Les rapports existent », renchérit-il. En effet, cet avis lancé le lundi 25 Novembre 2013 par l’Agence d’Exécution des Travaux Publics au Bénin, vise l’actualisation des études de faisabilité du programme de construction du Théâtre National du Bénin réalisées en 2002 sous la présidence du Général Mathieu Kérékou. Faut-il sauter sur l’opportunité qu’offre aujourd’hui, le président Boni Yayi ou attendre pour avoir un Grand Théâtre National qui pourrait également profiter à la postérité ? La réponse pourrait varier d’un acteur à l’autre, car les visions ne sont pas les mêmes.

Positions mitigées des acteurs culturels

« Le Théâtre National doit être un centre communautaire parce que le Béninois aime fêter. Il faut qu’on fasse un Théâtre National qui ressemble à son peuple et qui respecte les aspirations du peuple. N’est-ce pas magnifique d’avoir notre Théâtre National entre le fleuve et l’océan et qui est en même temps dans l’emprise de grand projet de la route des pêches ? Pour des projets aussi sérieux, il faut réfléchir à long terme, pensez à demain et à la postérité. Même les cinq hectares du site de Togbin Daho ne sont pas trop suffisants mais c’est quand même acceptable. Pourquoi pose-t-on un problème de sécurité alors que bientôt le projet de la route des pêches sera aussi une réalité sur ce même site ?» C’est ce qu’a laissé entendre un acteur culturel qui requiert l’anonymat.

Par contre Tola Koukoui, interviewé dans la même période que le premier, (avant la pose de la 1ère pierre) pense tout le contraire. « Je n’ai vu nulle part au monde, un Théâtre National érigé ailleurs que dans la capitale. Or, il se trouve que la capitale du Bénin, c’est Porto-Novo. Le site a été identifié à l’époque et c’est là où ils sont en train de construire aujourd’hui l’Assemblée Nationale. Par rapport à la superficie, on n’a pas besoin d’avoir 5 hectares avant de construire de façon symbolique notre théâtre National. Quand on veut symboliser quelque chose, on le fait dans un endroit qui a une histoire. C’est pour cela que j’insiste sur la capitale du Bénin, Porto-Novo. Après, on peut avoir des annexes dans les autres villes. Moi, j’ai remercié du fond du cœur le Président Boni Yayi car il est venu sur le site de Togbin, il a dit : ‘’Mon Dieu! On ne peut pas construire un Théâtre National dans la brousse, pour quelle sécurité, pour quel public et pour quelle visibilité?’’ ».

Pascal Wanou, l’un des professionnels de théâtre affiche clairement sa position : « Nous avons exprimé des ambitions par rapport auxquelles il nous faut disposer d'une certaine superficie. En conséquence le site du ministère de l'agriculture s'est révélé petit. Donc des recherches ont été faites et ont abouti au choix d'un autre site, celui de l'Onip. Le site fait jusqu'à 3 hectares et c'est le Président de la République qui a le dernier mot, car il y a un préalable, celui de déplacer l'Onip. L'essentiel, c'est que nous ayons notre théâtre national, enfin un espace public haut de gamme dédié à l'expression artistique et culturelle. Le reste n'est que débat stérile et futilité. Je vous signale que c'est 55 ans après son indépendance que le Bénin va enfin se doter de son premier Théâtre National. C'est une grande fierté pour nous artistes et acteurs culturels, et nous ne remercierons jamais assez le président Boni Yayi ».

Il faut rêver grand pour faire grandir le théâtre au Bénin

Les moyens existent pour le rayonnement de la culture et du Théâtre en particulier. Mais, c’est l’orientation de ces ressources financières qui manque visiblement de vision. Pour preuve, le Président Boni Yayi a annoncé qu’en 2016, le budget du Fonds d’aide à la culture (créé en Août 1992) passe de 3 à 5 milliards de F CFA. C’était lors de sa 1ère rencontre avec les acteurs culturels le mercredi 23 septembre 2015, dans le cadre du projet de construction du Théâtre National. Une augmentation de deux milliards de F CFA qui a semé la joie dans le cœur de la majorité des acteurs culturels. Mais depuis que le Président Boni Yayi a revu à la hausse le budget du Fonds d’aide à la Culture à un milliard de F CFA en 2007 puis à trois milliards de F CFA en 2015, quel est concrètement le bilan sur la gestion efficiente de ces ressources puis sur les réels impacts économiques de la pléthore d’activités culturelles financées par le Fonds d’Aide à la Culture ?

Le combat des artistes pour la construction du Théâtre National ainsi que pour l’augmentation de la cagnotte du Fonds d’Aide à la Culture, devrait être le même pour faire du Festival International de Théâtre du Bénin, un vrai label en Afrique et dans le monde. Et pour arriver à cette fin, il faut une volonté politique qui sera motivée par la véritable union des acteurs culturels autour de la cause du Fitheb. Si le lobbying était bien fait, le Fitheb dont la 1ère édition s’est déroulée en Mars 1991 sous le ministre de la culture Karim Dramane, pourrait voir son budget fixé à un milliard de F CFA par an, après plus de deux décennies d’existence. Pourquoi ne pas rêver grand pour le Fitheb si aujourd’hui, le Marché des Arts et Spectacle Africains de la Côte d’Ivoire, qui s’est inspiré du Fitheb tourne autour d’un budget qui avoisine 1,800 milliard de F Cfa ? Mais malheureusement, le ver est dans le fruit.

Réalisation : Henri MORGAN
 
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